189 Lhistoire des frontières du Congo est dun grand intérêt. Un article, auquel nous avions collaboré et dont nous parlons plus loin Maboloko, 1999, insistait peut-être trop lourdement sur lidée que la frontière entre lAngola et la province actuelle du Bandundu avait été tracée de façon totalement arbitraire sans aucun souci des organisations politiques territoriales et ethniques existantes. Elle comporte en effet beaucoup de tronçons utilisant des parallèles géographiques Nous laissions seulement entendre que le décrochement dun degré vers le nord de sa partie orientale était lié à la prise en considération dune de ces organisations. Un article décrit avec finesse la naissance de cette frontière. En 1885, lempire lunda navait pas été incorporé au territoire de lEtat indépendant du Congo sur les cartes de cet Etat. La frontière était fixée sur le 5 e parallèle sud. En 1890, un décret annexa le Lunda tout entier. Le Portugal réagit. Un compromis résulta de pourparlers subtils entre Léopold II et le Portugal, avec intervention indirecte de lAngleterre. Les petits royaumes reconnaissant lautorité du Mwant Yav, souverain des Lunda, furent répartis entre le Congo et lAngola. Comme il nétait pas possible de cartographier leurs limites avec précision, on les a, sur place, fixées sur des tronçons de cours deau et des parallèles. Les missions de délimitation Grenfell pour lE.I.C, Sarmento pour lAngola eurent à souffrir fortement de la faim dans ces régions du Kwango méridional dévastées alors par la disette Vellut J-C, 2006. MASHINI DHI MBITA MULENGHE 1998, Lintégration socio-économique de la population originaire dAfrique noire dans la région de Bruxelles-Capitale, R.B.G, 122, 1, pp 55-70. NDAYWEL è Nziem I. 1993, La société zaïroise dans le miroir de son discours religieux 1990-1993, Bruxelles, Institut Africain, Paris, LHarmattan, 102 p. 175A la fin du XVI e siècle, le petit Etat côtier de Ngoyo est un exemple intéressant dEtat précolonial qui fut partenaire des commerçants portugais et hollandais puis courtier au moment de la traite atlantique. Connus pour leur activité de caravaniers pourvoyeurs desclaves, les Woyo étaient aussi les gardiens des barracons où les esclaves étaient entassés avant leur embarquement. Ils ont fourni des matelots aux navires négriers. Le royaume déclina avec la fin de la traite Mulinda Habi Buganza, 1993.
259Ce départ a été dun grand poids dans lévolution du pays après laccès à lindépendance. Cette population était cependant de toute façon dinstallation temporaire car il ny avait pas eu de colonisation de peuplement et lon navait jamais encouragé linstallation de petits blancs. Au 1 er janvier 1958, il y avait 109 400 Européens dont 86 700 Belges, pour la plupart fonctionnaires, missionnaires et agents de sociétés coloniales. Il ny avait que 5 200 colons belges cest-à-dire établis à leur compte personnel. Au Ruanda-Urundi, en 1960, la population européenne était de 7 976 personnes dont 6 064 Belges. Il y eut plusieurs vagues de retours. La plus importante se place en 1960 44 484 rapatriés en juillet, puis il y eut 1963 fin de la sécession katangaise, 1964 séquelles de la rébellion de Stanleyville, 1973 zaïrianisation des entreprises étrangères, 1978 événements de Kolwezi, 1990 fin de lassistance technique belge, septembre-octobre 1991 et janvier 1993 pillages à Kinshasa. En février 1993, il ne reste plus officiellement que 2 800 Belges au Congo-Zaïre dont 600 à Kinshasa. Par contre on évalue, en 1990, à 20 000 les Zaïrois installés en Belgique dont 12 000 officiellement. Larticle qui traite ces questions envisage aussi comment sest faite la réinsertion des rapatriés en Belgique ou dans dautres pays Salmon P, 1995 b. WILLAME J-C. 2007, Les Faiseurs de paix au Congo. Gestion dune crise internationale dans un Etat sous tutelle, Grip, Bruxelles, Ed Complexe. De villers G. 2000, Formes et dynamiques de linformel, in MONNIER L. Et DROZ I. Dir, Côté jardin, côté cour : lanthropologie de la maison africaine, Paris, P.U.F, pp 247-263. 182Sur un personnage africain caractéristique des débuts de lEtat indépendant du Congo, voici quelques pages qui résument la vie et les activités de Tippo Tip Huetz de Lemps C, 1994. BLONDEEL W, FOUTRY F, VAN MENSEL F. 2000, Kongo, schoolvoorbeeld van kolonialisme : een gesprek op 30 juni 1980 van W.Blondeel, V. Foutry en F. Van Mensel met prof dr. A.A.J. Van Bilsen RUG, Afrika Focus, 16, 1-2, pp 1-33. M akwala ma mavambu ye beda dir. 2000, Administration publique, outil du développement de la nation congolaise, Kinshasa, Publications de lInstitut pour la Démocratie et le Leadership politique, Konrad-Adenauer Stiftung, 166 p. 412Dans la foulée des mêmes préoccupations et plus précisément dans la recherche dun projet de société, des séminaires ont été organisés sur la moralisation de la vie publique et sur les nouvelles institutions à mettre en place. Un Institut pour la Démocratie et le leadership politique I.D.L.L.P. Créé par des professeurs des universités de Kinshasa et du Bas-Congo, dans le but de contribuer, par le travail scientifique et la vulgarisation, à lémergence dinstitutions démocratiques au Congo, a ainsi mis sur pied en 1999 et 2000 cinq séminaires et publié quatre fascicules sur le rôle de la police dans la reconstruction nationale, sur la justice et la société, sur les finances et la démocratie, sur ladministration et le développement. Chaque fascicule se termine par un rapport et parfois par des recommandations. Comme pour louvrage de lAssociation des professeurs de luniversité de Kinshasa cité plus haut, ces séminaires et ces fascicules ont bénéficié du soutien financier de la Fondation Konrad Adenauer Mabiala, 1999 ; Mutunda, 1999 ; Tshungu, 2000 ; Makwala, 2000. De telles publications malheureusement aboutissent rarement dans des bibliothèques dEurope. Il est fort probable quil y en ait eu ainsi bien dautres dont nous navons pu avoir connaissance. THIRY E. 1996, Une introduction à lethnohistoire des Hema du Sud Haut-Zaïre, Tervuren, MRAC, Annales, Sciences humaines, 150, 321 p. 433Une étude plus modeste décrit les modes dapprovisionnement en produits vivriers de Kisangani. Les commerçants citadins prennent le camion pour aller se ravitailler dans les marchés ruraux le long des routes vers lintérieur jusquà une centaine de kilomètres. Mais on utilise de plus en plus le vélo en raison de la diminution du nombre de camions et de camionnettes, conséquence de la crise et aussi de la paupérisation de nombreux consommateurs. En outre, en raison de létat des routes, beaucoup de villageois apportent leurs produits en pirogues sur la Tshopo, la Lindi et le Congo. Des marchés sont apparus ainsi dans lagglomération sur les berges de ces cours deau. Quelques-uns sont de véritables villages flottants Baya Ki Malanda, 1999. BONTINCK F. 1988, Les Missionnaires de Scheut au Zaïre : 1888-1988, Kinshasa, Maison Provinciale C.I.C.M, 72 p. LAGAE J. 2008a, Kinshasa comme chantier bruxellois. Lémergence dune métropole moderne dans une colonie belge 1946-1960, Les Cahiers de la Fonderie, 38, Bruxelles et le Congo, pp 24-31.
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